C’est ma propre histoire qui m’a amenée à être où je suis aujourd’hui.
À douze ans, j’ai quitté la maison afin de poursuivre ma carrière comme athlète de haut niveau en nage synchronisée. À treize ans, j'intégrais ma première équipe nationale. J'ai appris tôt ce que signifie mettre son corps au service de la précision, de l'expression et de l'endurance. Mais le sport de haute performance enseigne aussi, silencieusement, à taire ses propres signaux — à repousser ses limites et à performer au-delà de ses ressentis.
Des blessures et des conditions de santé ont interrompu cet élan. Ils m'ont forcée à entrer dans une relation plus lente, plus honnête, avec ce qui m’habitait. Les questions profondes qui ont alors émergé — en lien avec l’identité, le sens et ce que signifie réellement s'habiter pleinement — sont devenues un véritable chemin d’apprentissage. Elles ne m'ont jamais quittée. Elles sont devenues l’élan nourrissant mon travail.
Je me suis formée comme massothérapeute, puis comme ostéopathe au Collège d'Études Ostéopathiques de Montréal, pour poursuivre en recherche sur l’enseignement du savoir être en milieu clinique et ainsi enseigner l'ostéopathie. Depuis plus de cinq ans, je me forme sur la compréhension des dynamiques relationnelles avec l’institut IRESOI — apprenant à tenir l’espace pour la complexité qui vit sous la surface.
Mon travail aujourd’hui est le pont où le corps et l'âme se rencontrent. Mon bagage offre la structure sur laquelle un processus intérieur peut se déployer. Il ne s’agit pas de « faire », mais de permettre à ce qui est déjà là d’être vu.
Ce que j’ai appris — par l’eau, la pratique et mon propre chemin de santé — c’est que nos sensibilités ne sont pas des faiblesses. Elles sont notre intelligence la plus profonde, qui ne demande qu'à être ancrée.
Je crois que prendre soin de sa propre histoire est une façon d’honorer la vie elle-même. En revenant à cette intelligence du vivant, on ne trouve pas seulement un soulagement ; on retrouve sa place et sa capacité à être véritablement présent au monde.

